Le repas terminé je l'aide à débarrasser la table et je prépare du café. Je suis accro à ce breuvage et à la clope. Le café servit je m'installe sur le divan, Angel viens sur mes genoux, je le caresse, il ronronne. Adrian me rejoint il s'assied à côté de moi, me fixe.
-« J'ai une tâche sur le visage ou quoi ? » dis-je agacée
-« Non, répond-il en souriant, c'est que tu ne vas pas aller au rendez-vous sapée comme cela ? »
-« Mais je me sens très bien habillée ainsi, tu veux que mette des talons aiguilles, une mini jupe et que je me maquille peut-être »
-« Non, quand même pas, mais tu peux mettre autre chose, te maquiller un peu et te coiffer. »
-« Tu es chiant Adrian, je ne vais pas me déguiser pour un job que je n'aurais sûrement pas. Bon, ne fais pas la gueule, je vais me changer. »
-« Youpi »
Je lui souris et l'embrasse !
-« Tu n'est qu'un sale gosse entêté ! »
-« Et toi une vieille femme »
-« Ah, ah très drôle, bon je vais me changer »
Je prends une douche vite fait, me sèche les cheveux et les laisse long, ma mèche me cache la moitié du visage. Je ne me maquille pas par contre j'enfile un jean et met un de mes tee-shirts préférés.
Un noir avec l'effigie de Jimmy Hendricks. Je sors de la salle de bain, Adrian me regarde et soupire.
-« Ouais, ben c'est ce que j'ai de mieux. Je ne porte jamais de robe, ni de jupe. Et ne n'ai que des converses ou des baskets »
-« Faudra voir, à changer de garde robe ma bichette et porte des lentilles »
-« Ouais, ouais »
-« Tu es prête ? »
« Oui, allons-y, plus vite fini, plus vite revenue »
-« Si tu pars déjà vaincu, c'est sûr que cela ne marchera pas »
Nous arrivons dans des bureaux, je m'adresse à une hôtesse qui m'indique la salle d'attente, je ne lâche pas la main d'Adrian. J'ouvre la porte, cinq filles me regardent de la tête au pied, elles ont toutes forcés sur le maquillage, tirées à quatre épingles. Je fais tâche au milieu de ces poupées Barbies. Nous asseyons, je me penche à l'oreille de mon ami.
-« Parlons français veux-tu ? Elles ne comprendront peut-être pas tout ! »
-« Oui, me chuchote-t-il, que veux tu me dire ? »
-« Je ne me sens pas trop à ma place, elles sont plus jolies les unes que les autres »
-« Je t'avais dit de te faire plus jolie, mais bien sûr tu ne m'écoutes jamais, bourrique »
-« Ro, ça va hein ! Je pense qu'il est inutile d'attendre »
-« Oh, que non, tu restes ! »
Je me lève pour sortir, au même instant la porte du bureau s'ouvre.
-« Mademoiselle Dubois, s'il vous plaît »
Et, merde je ne peux plus faire marche arrière.
-« Oui, c'est moi, mais il y a ces demoiselles qui étaient là avant moi »
-« Oui, je le sais mais vous avez rendez-vous à quinze heures, elles plus tard. Entres je vous prie »
Je la suis, je regarde Adrian qui me fait un clin d'½il. Je pénètre dans le bureau, un homme brun d'une trentaine d'années et également présent. Il se lève me tend la main, je tends la mienne.
-« Bonjour, je suis David Jost, le manager du groupe Tokio Hotel. »
-« Enchantée, Elisa Dubois »
-« Je suis Carolina, la secrétaire de David. Vous pouvez ôter votre manteau, il fait une chaleur à mourir dans ces bureaux. »
J'enlève mon manteau, David fait de même et là nous nous sourions, nous portons le même tee-shirt.
-« Très bon goût Elisa ! Je peux t'appeler par ton prénom ? »
-« Merci, oui bien-sûr ! »
-« J'ai lu ton CV et il a vraiment attiré mon attention, dit-il, il y a quelque chose que j'aimerais éclaircir. »
-« Qui-a-t-il dans mon C.V que vous ne compreniez pas ? »
-« Voilà tu n'as pas encore vingt ans et tu as déjà énormément de diplômes. »
-« J'ai passé plusieurs classe, obtenu mon bac à quatorze ans et suis entrée en fac. »
-« Un petit génie, donc ! »
-« Appelez cela comme vous voudrez !
-« Parles-moi un peu de toi »
-« Oh, je n'ai jamais fait cela auparavant, ce n'est pas facile de parler de soi. »
-« Tu n'as jamais postulé pour un emploi ? »
-« Si, pour mes jobs d'étés »
-« Et que faisais-tu ? »
-« Hôtesse d'accueil à l'aéroport Charles de Gaulle à Paris »
-« Intéressant, cela devait être sympa ? »
-« Pas tous les jours, pas lorsque des passagers vous engueulent parce-que l'avion est en retard mais bon, je prenais sur moi ; j'étais là pour me perfectionner dans les langues étrangères que j'étudiais »
-« C'est bien de rester positive, dans ses moments là, ça ne devait pas être marrant tous les jours donc. »
-« Non, mais un petit sourire et beaucoup de patience arrange toujours les petits tracas. »
-« Comment as-tu eu ce job ? »
-« Mon parrain est pilote de ligne, donc j'ai été pistonné. Mais je vous rassure on m'a embauchée pour mes compétences. »
-« Je me doute, parles moi de ta vie à présent. »
Je soupire, je ne suis pas très à l'aise, il le remarque.
-« Vas-y Elisa, il faut que je te connaisse un peu mieux pour voir si tu corresponds à ce que je recherche, tu ne mentionne pas sur ton C.V si tu es célibataire, ce que tu aimes. »
-« Oui, je suis célibataire, je n'ai pas de boy friend non plus et je n'ai qu'un seul ami.
Je n'ai donc aucune attache, hormis mon chat. J'aime lire, jouer de la guitare, je pratique la danse africaine et la Caepoira. »
-« Intéressant ! La Caepoira cela vient du Brésil, c'est un mélange de combat et de danse, n'est-ce pas ? »
-« Oui c'est cela. »
-« Ok, tu n'as pas d'attache, dis-tu ? Et tes parents ? »
Hou, la ! Il vient de toucher la corde sensible.
-« Ma mère est décédée il y a presque huit ans et mon père je ne le connais pas »
Je viens de mentir sur mon père, je préfère éviter le sujet.
-« Ce sont tes grands-parents qui t'ont élevée ? »
-« Non, je n'ai personne, à part mon parrain. Etant pilote de ligne il ne pouvait pas s'occuper de moi, donc, j'ai été placée en foyer. Je le retrouvais pour les week-ends où il était disponible et pendant les vacances. »
-« Je suis navré, cela a dû être dur pour toi. »
-« C'est bon, je ne suis pas Cosette, non plus »
Je suis un peu agacée par sa pitié, je déteste ça. Il n'en prend pas ombrage.
-« Cosette ? »
-« Ben, oui l'héroïne d'un roman '' Les Misérables'' de Victor Hugo, grand auteur français. »
-« Ok, je vois, dis moi pourquoi as –tu envoyé ton C.V pour ce job ? Qu'en attends-tu ? »
-« Pour être toute à faite franche, c'est Adrian, mon ami qui l'a envoyé. Il sait que je cherche du boulot donc il a pris cette initiative. Je ne sais même pas ce que vous attendez de moi, mais je suis venue car j'ai besoin de travailler »
-« Nous recherchons, une personne qui parle le français, l'allemand, l'anglais et l'espagnol. Si tu es embauchée tu accompagneras le groupe au quatre coin du monde, nous avons besoin d'une personne de confiance, tu leur serviras entre autres chose d'interprète. »
-« Oui et l'autre chose c'est quoi ? »
-« Actuellement, ils terminent leur deuxième album et nous avons besoin de quelqu'un qui gère l'intendance, qui réponde au téléphone, qui prenne leur rendez-vous. »
-« Oh, je pensais que c'était pour faire le ménage ! »
-« Non, pour cela nous avons une équipe de nettoyage qui vient un fois par semaine. Et je t'assure que ce n'est pas du luxe, tellement ils mettent le bordel. Dis-moi les jumeaux terminent leurs études afin d'obtenir leur bac serais-tu prête à les aider, s'ils en ont besoin ? »
-« Oui, bien sûr, il y a des jumeaux dans le groupe ? »
Carolina et David se regardent étonnés de ma réponse.
-« Tu ne connais pas les Tokio Hotel ? »
-« Non, du tout, j'ai aperçut il y a quelques temps un clip, le chanteur plongeait la tête dans l'eau je crois »
-« Tu viens d'une autre planète Elisa ! On ne parle que d'eux en ce moment ! »
-« Ah, que voulez-vous que je vous dise, je ne les connais pas, je ne vais pas faire semblant, non plus ! »
-« Tu sais, c'est très bien que tu ne sois pas fan, car il y a quelques temps nous avions embauchés une jeune fille, qui nous a menti et elle s'est avérée être une groupie, elle nous a causé pas mal de problème. Mais toi, je sais que tu dis vrai car tu ignorais que Bill et Tom sont jumeaux.
Je te remercie d'être venue, je t'appelle demain pour te donner ma réponse. »
Nous nous levons en même temps et nous nous serrons la main. Je salue Carolina, et je sors du bureau. Adrian me regarde, je lui fais signe avec le pouce baissé, il est déçu. Nous quittons les bureaux.
-« Pourquoi penses-tu que cela n'aie pas marché ? »
-« Je ne le sens pas c'est tout. Il faut que j'aille acheter des journaux pour parcourir les petites annonces, je ne vais tout de même pas vivre à tes crochets. »
-« Tu dis n'importe quoi, je peux assumer pour nous deux, tu le sais le fric ce n'est pas un problème »
-« Ouais, je sais, mais je veux bosser c'est tout, c'est déjà super que tu m'aies invitée à rester chez toi, alors je ne vais abuser non plus »
-« Mais c'est tout à fait normal, tu ne penses tout de même pas que je t'aurais laissé venir ici, et te laisser seule. Puis je pense aussi un peu à moi j'adore être avec toi. »
Je l'embrasse sur la joue.
-« Moi, aussi j'aime être avec toi, tu es un ange. Tu es toujours adorable avec moi. Je t'adore ! »
-« Moi, aussi petite s½ur ! Si l'on faisait les boutiques ? »
-« Pourquoi faire ? »
-« Pour t'acheter quelques fringues ! »
-« Ro ! Quand tu as une idée en tête tu ne l'as ailleurs ! »
Nous partons bras dessus, bras dessous et faisons du lèche vitrine. Il me montre des jolies robes, des
Fringues un peu trop sexy à mon goût, devant mon refus d'entrer dans les magasins,il soupire.
-« Tu es désespérante Elisa ! Rien ne te plaît ! »
-« Si, si je trouve tout cela joli, mais ce n'est pas pour moi ! J'aimerais rentrer à l'appart, s'il te plait, j'ai froid. »
-« Ok, je vais te préparer un bon chocolat chaud comme tu l'aimes »
Nous rentrons, je m'affale sur le divan, Angel saute sur mes genoux et frotte sa tête sur ma joue.
Mon portable sonne.
-« Oui ? Ok pas de problème. Merci beaucoup à demain, bonne soirée à vous aussi. »
-« Qui était-ce ? »
-« T'es bien curieux ! Mon jules tiens ! »
-« Ro ! Allé dis le moi, demande-t-il en trépignant je veux savoir ! »
-« C'était David Jost, le manager de tes chouchous ! »
-« Arrêtes de te moquer, chipie, et alors ? »
-« En fait, il n'arrive pas à faire son choix, il hésite entre moi et une autre fille, donc il me propose de faire un essai pendant trois jours, l'autre arrivera le quatrième, je resterais deux jours avec elle, puis ensuite je reviens ici la laissant se débrouiller. Et ensuite il prendra sa décision. »
-« Ah mais c'est génial ! Tu vois tu as été retenue, c'est toi qui aura le poste, cela ne peut pas en être autrement. »
-« T'excites pas ce n'est pas encore gagné, puis... »
-« Quoi encore ? » me demande-t-il visiblement agacé.
-« C'est que vais devoir copiner avec l'autre fille et tu sais que je n'aime pas cela »
-« Oui, tu es une sauvageonne ! Mais avec les garçons aussi tu vas devoir copiner comme tu dis »
-« Non, je ne crois pas, je ferais mon boulot un point c'est tout, je ne serais pas leur amie, mais leur employée. »
-« Bon, je ne vais pas essayer de persuader d'être plus ouverte aux autres, je connais la réponse. Oh, il est déjà dix-neuf heures trente, Hugo va bientôt arriver »
-« Ben, oui et alors ? Ce n'est pas le président de la république qui vient, c'est ton jules !!! »
Je me lève, vais dans ma chambre, je me coiffe et ressors. Il me souris.
-« Ah ! voilà qui est mieux on voit ton joli minois, tu pourrais te maquiller légèrement ! »
-« C'est que je n'ai pas de maquillage »
-« Mais j'ai du mascara et de khôl si tu veux »
-« Oui c'est vrai qu'avec ton boulot tu te maquilles ! »
Il va dans la salle de bain et reviens tenant dans la main le maquillage.
-« Laisse-moi faire ! »
En un clin d'½il, il me pose le mascara et me fait un trait de khôl, j'ai l'impression d'avoir un tonne sur les cils. Il me tend un miroir.
-« Tu vois ce n'est pas si terrible que cela ! En plus ca te va super bien, cela fait ressortir tes magnifiques yeux verts. Mets tes lentilles ce sera encore plus joli. »
-« Ouais, je vais le faire ! Tu es chiant tu sais ? »
-« Oui, mais tu m'aimes comme cela ! »
-« Oui, même plus que t'aimer je t'adore, mais tu es chiant quand même ! »
J'éclate de rire, et je m'en vais dans ma chambre mettre ces fichues lentilles. Je rejoins Adrian au salon.
-« Voila qui est nettement mieux, tu ressemble enfin à une femme, manque plus que des fringues plus féminines »
-« Ah ! Non, tu ne vas pas recommencer, je ne vais pas me transformé en quelque chose qui ne me correspond pas »
-« Mais tu es jolie Elisa, tu ne vas tout de même pas te cacher toute ta vie derrière tes cheveux et tes lunettes. Je sais que tu as peur et que si tu as fait l'effort là maintenant, c'est parce-que Hugo et moi sommes gays et que l'on ne risque pas de te sauter dessus, les hommes ne sont pas tous comme... »
-« S'il te plaît arrêtes, je ne veux pas que tu me parles de cela. »
-« Oh, excuses-moi ma puce, vient dans mes bras Adrian va te faire un gros câlin pour se faire pardonner. »
Je me blottis dans ses bras, il me caresse le dos et m'embrasse sur le front. La sonnette retentit, mon ami me lâche et va ouvrir, puis je le vois revenir tenant par la main, son amour.
-« Elisa, je te présente Hugo »